Quand on me demande comment présenter un EP à un label indépendant, je réponds toujours la même chose : clarté, respect du temps du destinataire et une histoire. J’ai vu des propositions brillantes gâchées par des mails confus ou des liens introuvables, et des projets modestes sortir la tête du lot parce que tout était pensé pour faciliter la vie du programmateur ou du label. Voici ma méthode, testée sur le terrain et peaufinée après des centaines d’échanges avec artistes, attaché·e·s de presse et maisons indés.
Avant d’envoyer : ciblez et préparez
Ne balancez pas votre EP à la planète entière en espérant que quelqu’un réponde. Chaque label a une identité, des goûts, un calendrier. Prenez le temps de rechercher : qui signe le type de son que vous faites ? Quel est leur roster actuel ? Ont-ils des signaux de recrutement (ouverture aux démos, formulaires dédiés) ?
Ensuite, soignez votre matériel. Un label indépendant va juger votre projet autant sur la musique que sur la manière dont il est présenté. Un dossier brouillon va décrédibiliser instantanément un projet même solide.
Le kit presse (EPK) : ce qu’il doit contenir
Un EPK doit être concis et accessible : une page ou un PDF d’une à deux pages bien organisées, plus un dossier média si nécessaire. Voici les éléments indispensables selon moi :
Les liens d’écoute : lesquels préférer
Le cœur du dossier, ce sont les morceaux. Les labels voudront écouter vite et proprement. Voici les options, et comment je les utilise :
| Type de lien | Avantage | Inconvénient |
|---|---|---|
| SoundCloud (lien privé) | Stream direct, commentaires temporels | Qualité variable, certains labels n’aiment pas |
| Bandcamp (piste privée ou page) | Bonne qualité, possibilité de téléchargement MP3/FLAC | Moins pratique pour écoutes rapides sur mobile |
| WeTransfer / Dropbox (fichiers WAV/MP3) | Fichiers haute qualité téléchargeables | Liens expirent / lourds |
| YouTube (non répertorié) | Facile à lire partout | Qualité perçue moindre, peu pro si pas de visuel |
Mon conseil pratique : fournissez au moins un lien streaming privé (SoundCloud privé ou Bandcamp) et un lien de téléchargement en WAV ou MP3 320 via Dropbox/WeTransfer. Étiquetez clairement chaque fichier (01-Titre - 320kbps.mp3). Si vous avez des stems ou un instrumental pour remixes, mentionnez-le mais ne l’incluez pas au premier envoi à moins qu’on le demande.
Format des fichiers et métadonnées
Les labels apprécient la propreté : fichiers WAV 16-bit/44.1 kHz idéalement, ou MP3 320 kbps si l’espace est limité. Ajoutez les métadonnées (titre, artiste, année, album) et, si vous avez, les codes ISRC. Pour la pochette, envoyez un JPG et un PNG en haute résolution ; pour le PDF EPK, vérifiez que les liens cliquables fonctionnent.
Le message d’accompagnement : court et percutant
Votre mail doit être court, personnalisé et orienté action. Évitez les pavés. Voici un canevas que j’utilise souvent et que j’adapte selon le destinataire :
Terminez par vos coordonnées et les liens clefs (site, socials). Si vous avez un attaché de presse ou manager, indiquez-le clairement.
Relances et timing
Relancer, oui — harceler, non. Attendez une semaine à dix jours, puis envoyez un court message de suivi (1-2 phrases) : "Je me permets de relancer pour savoir si vous avez pu écouter — je peux vous renvoyer un lien." Après 2 relances sans réponse, passez à la suivante. Les labels sont souvent débordés et une proposition claire peut rester sur leur radar si elle est réenvoyée poliment.
Pièges à éviter
Bonus : petits plus qui font la différence
Enfin, pensez en mode collaboratif : un label aime comprendre comment il peut aider et comment vous imaginez la collaboration. Proposez des idées mais montrez que vous êtes prêt·e à écouter leurs retours.
Si vous voulez, je peux relire votre mail et votre EPK — envoyez-moi le texte et les liens, je vous dis ce qui cloche et ce qui peut être amélioré pour capter l’attention d’un label indépendant. J’adore ces petits ajustements qui changent tout.